DPE et diagnostics
Interdiction de louer un logement classé G : ce que dit la loi en 2026
Depuis le 1er janvier 2025, il est interdit de louer un logement classé G. Découvrez le calendrier, les exceptions et les solutions pour les bailleurs.
Depuis le 1er janvier 2025, il est interdit de proposer à la location tout logement classé G au Diagnostic de Performance Énergétique. Cette mesure, issue de la loi Climat et Résilience de 2021, s'inscrit dans un calendrier progressif visant à éliminer les passoires thermiques du parc locatif français. Le point complet en 2026 sur les obligations, les exceptions et les solutions pour les bailleurs.
Le calendrier officiel d'interdiction
Le législateur a établi un calendrier échelonné pour permettre aux propriétaires de s'adapter :
| Date | Interdiction | Nombre de logements concernés |
|---|---|---|
| 1er janvier 2023 | Consommation > 450 kWh/m²/an (G+) | Environ 90 000 |
| 1er janvier 2025 | Classe G complète | Environ 600 000 |
| 1er janvier 2028 | Classe F | Environ 1,2 million |
| 1er janvier 2034 | Classe E | Environ 2,6 millions |
Au total, plus de 4,5 millions de logements devront être rénovés pour rester sur le marché locatif d'ici 2034.
Ce que signifie concrètement l'interdiction
L'interdiction s'applique aux nouveaux baux et renouvellements signés à partir de la date d'application. Les baux en cours restent valides jusqu'à leur terme naturel ou leur renouvellement tacite.
Concrètement, depuis le 1er janvier 2025 :
- Un bailleur ne peut plus signer de nouveau bail pour un logement classé G
- Le renouvellement d'un bail existant sur un logement G peut être contesté par le locataire
- Le loyer d'un logement G ne peut plus être augmenté entre deux locataires
- Un locataire peut saisir le juge pour exiger des travaux de mise en conformité
Les types de logements concernés
L'interdiction concerne :
- Résidences principales louées nues ou meublées
- Baux d'habitation de longue durée
- Colocations avec bail unique ou baux multiples
- Logements sociaux sous conditions
L'interdiction ne concerne pas :
- Locations saisonnières de moins de 4 mois par an
- Résidences secondaires occupées par le propriétaire
- Bâtiments à usage professionnel exclusif
- Baux commerciaux
Les exceptions et cas particuliers
Certaines situations permettent une dérogation temporaire :
1. Impossibilité technique
Si les travaux nécessaires pour atteindre la classe F sont techniquement impossibles ou dénaturent le bâtiment (contraintes architecturales, monuments historiques), une dérogation peut être demandée.
2. Contraintes patrimoniales
Les bâtiments classés ou inscrits aux monuments historiques bénéficient d'aménagements. Les Architectes des Bâtiments de France (ABF) peuvent refuser certains travaux d'isolation.
3. Copropriété bloquée
Si les travaux nécessaires relèvent des parties communes et n'ont pas été votés en assemblée générale malgré les efforts du propriétaire, un délai supplémentaire peut être accordé.
4. Coût disproportionné
Si le coût des travaux dépasse 50% de la valeur du bien, une exemption partielle peut être demandée à la commission départementale de conciliation.
Ces exceptions doivent faire l'objet d'une procédure formelle auprès des autorités compétentes. Elles ne dispensent pas d'informer le locataire de la classe DPE.
Que risque le bailleur en cas de non-respect ?
Louer un logement classé G après le 1er janvier 2025 expose à plusieurs sanctions :
1. Action en réduction de loyer
Le locataire peut demander au juge une réduction du loyer proportionnelle à la non-conformité, jusqu'à la réalisation des travaux.
2. Contentieux locatif
Le juge peut :
- Ordonner la réalisation des travaux aux frais du bailleur
- Fixer une astreinte journalière jusqu'à réalisation
- Suspendre le versement du loyer par le locataire
3. Nullité du bail
Dans les cas graves, le bail peut être annulé avec dommages-intérêts au bénéfice du locataire.
4. Perte d'attractivité
Au-delà des sanctions, un logement classé G devient invendable et inéligible à de nombreuses aides fiscales (Denormandie, LMNP loi Cosse).
Solutions pour les bailleurs concernés
Solution 1 - Réaliser les travaux de rénovation
C'est la solution la plus pérenne. Pour passer de la classe G à la classe E ou D, comptez un budget de 20 000 à 60 000 euros selon la superficie.
Travaux prioritaires :
- Isolation des combles (30% des déperditions)
- Isolation des murs
- Remplacement du système de chauffage
- Remplacement des menuiseries
Aides mobilisables :
- MaPrimeRénov' Parcours Accompagné : jusqu'à 63 000 euros
- Éco-PTZ jusqu'à 50 000 euros
- CEE (Certificats d'Économies d'Énergie)
- Aides locales cumulables
Solution 2 - Vendre le bien
La vente reste autorisée sans restriction pour un logement classé G. Attention toutefois à :
- L'audit énergétique obligatoire à la vente pour les F et G
- La décote de 10 à 20% généralement constatée
- L'obligation d'informer l'acheteur des futures obligations
Solution 3 - Passer en location saisonnière
Une location saisonnière meublée de moins de 4 mois par an au même locataire échappe à l'obligation. Cette solution est envisageable dans les zones touristiques.
Attention : dans les zones tendues (Paris, Bordeaux, Lyon, Nice, etc.), la location saisonnière est très encadrée par les mairies et nécessite souvent une autorisation.
Solution 4 - Récupérer le logement pour usage personnel
Un bailleur peut donner congé au locataire pour reprendre le logement pour lui-même ou un membre proche de sa famille. Cette solution évite l'obligation immédiate de travaux mais reste temporaire.
Solution 5 - Demander une dérogation
Si le bien entre dans les cas d'exception listés plus haut, une demande de dérogation formelle peut être adressée à la commission départementale.
Le calendrier à respecter pour anticiper
Pour un logement classé G :
- Immédiatement : plus de nouveau bail possible
- Prévoir 6 à 12 mois pour concevoir et réaliser les travaux
Pour un logement classé F :
- Jusqu'au 31 décembre 2027 : location autorisée sans travaux
- À partir du 1er janvier 2028 : interdiction
- Anticiper dès 2026 : études et devis à lancer
Pour un logement classé E :
- Jusqu'au 31 décembre 2033 : location autorisée
- À partir du 1er janvier 2034 : interdiction
- Planifier dès 2030 : ne pas attendre le dernier moment
L'importance de l'audit énergétique préalable
Avant de lancer des travaux dans un logement F ou G, il est fortement recommandé de faire réaliser un audit énergétique.
L'audit :
- Identifie précisément les postes de déperdition
- Propose 2 ou 3 scénarios de rénovation chiffrés
- Simule les gains énergétiques et de classes DPE
- Détaille les aides mobilisables
Coût : 600 à 1 200 euros. Aide : jusqu'à 500 euros de MaPrimeRénov'. Bénéfice : évite les mauvais choix qui coûtent plus cher à corriger.
Foire aux questions
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Sources officielles :
- Loi Climat et Résilience du 22 août 2021 - article 160
- Décret n°2021-1104 du 20 août 2021
- Article 6 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989
- France Rénov'
Ce guide est informatif et ne constitue pas un conseil juridique.